Incident au Conseil de Paris: Anne Hidalgo attaque Nelly Garnier en diffamation après des propos sur la mort d’Élias

Échange tendu entre Nelly Garnier et la gauche parisienne ce mercredi 12 janvier. L’élue Changer Paris a pointé du doigt la responsabilité de la gauche dans la mort du jeune Élias. Anne Hidalgo a déclaré engager des poursuite.

 « C’est honteux, c’est une insulte! » Anne Hidalgo a haussé le ton pendant le conseil de Paris. Lors des questions d’actualité, la conseillère du 11e arrondissement Nelly Garnier, proche de Rachida Dati au sein du groupe Changer Paris, est revenue sur la mort d’Élias, 14 ans, poignardé à Paris le 24 janvier dernier alors qu’il sortait de son entraînement de foot.

« On ne peut pas agir dans le déni.

Or, j’assume de le dire, la gauche parisienne est dans le déni, et le bras qui a porté un coup fatal au jeune Elias a aussi été armé par votre déni. Il a été armé par votre idéologie de l’excuse et votre aveuglement. »

Suspension de séance
Des huées ont tout de suite été entendues à gauche de l’assemblée, et la maire de Paris a immédiatement réagi, coupant la parole à l’élue de droite. « Je suspends la séance pendant cinq minutes et vous aurez à vous excuser. »

« C’est absolument inadmissible ce que vous venez de dire, vous êtes irresponsable », a continué Anne Hidalgo, montrant sa colère.

En retour de séance, les esprits étaient encore échauffés. À gauche, les élus ont fait part de leur colère tandis qu’à droite, l’assemblée a dénoncé la suspension de séance en plein milieu d’une question d’une élue.

Un élu de Changer Paris, vraisemblablement David Alphand, a tenu par ailleurs tête à l’édile en refusant de donner la parole aux présidents des groupes de gauche, mais a rapidement été balayé par Anne Hidalgo, qui finira par monter le ton. « Taisez-vous! », lui a-t-elle lancé.

Des excuses exigées par toute la gauche
La maire a demandé fermement à Nelly Garnier de présenter ses excuses à de multiples reprises, après des réclamations des présidents des groupes de la majorité de gauche.

« Nous n’accepterons pas ses propos qui nous traitent de responsables de la mort d’Élias », fulmine Rémi Féraud. « Je ne sais pas si c’est l’extrême droite Madame Garnier qui a armé votre discours, mais vous allez vous excuser. »

« Je peux comprendre l’émotion suite à la mort d’un jeune homme dans ces conditions-là dans notre ville, mais on ne peut pas accepter l’instrumentalisation que vous êtes en train de faire de la mort d’un jeune », ajoute plus calmement mais tout aussi fermement Fatoumata Koné. « C’est inadmissible. (…) On demande des excuses vos propos sont honteux. »

« C’est insupportable », poursuit la co-présidente du groupe communiste Raphaëlle Primet. « De nous mettre ça sur le dos, c’est comme si nous avions le couteau dans la main. » Elle aussi, « exige des excuses ».

« Une citation directe immédiate »
« Soit vous retirez cela, soit c’est devant les tribunaux que vous aurez à répondre de propos diffamatoires, injurieux, et inadmissibles », avait prévenu Anne Hidalgo, pointant du doigt l’élue.

La proche de Rachida Dati n’a finalement pas cédé aux injonctions et a continué sa question d’actualité malgré les longues protestations des bancs de l’autre côté de l’assemblée. Après une suspension de séance, Anne Hidalgo a informé le conseil de Paris de sa décision.

« La ville de Paris va faire une citation directe immédiate contre Madame Nelly Garnier et les propos diffamatoires qu’elle vient de tenir. »
Et d’ajouter: « j’invite tous les élus qui se sentent insultés et concernés par cette diffamation, puisque que Madame Nelly Garnier a parlé du déni de la gauche qui a armé le bras de l’assassin, à en faire de même. (…) Nous engageons ces poursuites immédiatement. »

Une annonce applaudit par de nombreux élus. Peu après l’incident sur Whatsapp, Anne Hidalgo a confirmé son choix d’attaquer Nelly Garnier en diffamation. Elle a par ailleurs précise que « les groupes d’opposition « Union capitale » et « Les Républicains, Les Centristes – Demain Paris ! » se sont immédiatement désolidarisés des propos de Nelly Garnier ».

Un conseil de Paris exceptionnel vendredi
Patrick Bloche, premier adjoint, a dans la foulée convoquer une réunion des présidents, majorité comme opposition, pour pouvoir « tirer les conséquences de cet acte et de ses propos qui n’ont pas leur place ici ».

Au micro de BFM Paris Île-de-France, il annonce la tenue d’un conseil de Paris exceptionnel ce vendredi 14 février pour examiner une délibération afin que la ville de Paris dépose plainte pour diffamation contre Nelly Garnier.

Ce n’est pas la première fois que l’élue du 11e arrondissement tenait de tels propos pour la première fois. Le 29 janvier, quelques jours après la mort d’Elias, Nelly Garnier signait une tribune dans Le Figaro où elle accusait la majorité parisienne.

« Cette gauche est coupable, quand, face à un acte d’une violence inouïe, elle se dit toujours qu’elle n’a pas assez fait pour les agresseurs », écrivait-elle.

« Le bras qui a porté un coup fatal au jeune Elias a aussi été armé par l’idéologie de l’excuse d’une gauche aveugle, lâche et finalement coupable. Car cette gauche n’est pas candide, elle n’est pas naïve. Non, elle est coupable », avait-elle rédigé.

« Elle ne m’a pas laissé parler »
Après le conseil de Paris, Nelly Garner s’est expliquée au micro de BFM Paris Île-de-France. « J’ai voulu, au nom de mon groupe, exposer la situation de l’insécurité à Paris », explique-t-elle. « Est-ce que c’est normal qu’un jeune puisse être tué à Paris dans un quartier où l’on sait qu’il y a des problèmes identifiés, alors même que la ville a des responsabilités en matière de sécurité. »

L’élue dénonce aujourd’hui le manque de débat au sein du conseil de Paris.

« Ce qui n’est pas normal, c’est qu’Anna Hidalgo ne m’a pas laissé parler. Dès les premières secondes elle a coupé le micro. » Le groupe Changer Paris y voit là un « déni » de la gauche qui veut « masquer ses échecs ».

bmftv

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