Ouganda et Soudan du Sud : Le FAD approuve 153,66 millions de dollars pour un projet d’interconnexion électrique vital

Le Conseil d’administration du Fonds africain de développement (FAD) a validé plusieurs financements pour l’Ouganda et le Soudan du Sud dans le cadre d’un projet crucial visant à interconnecter les réseaux électriques des deux pays d’Afrique de l’Est. Cette initiative permettra de répondre aux défis énergétiques de la région, notamment le déficit d’électricité, la fiabilité des réseaux et l’accessibilité des prix de l’électricité.

Le coût total du projet d’interconnexion électrique s’élève à 260 millions de dollars, dont 153,66 millions de dollars seront fournis par le FAD, le guichet de prêts concessionnels du Groupe de la Banque africaine de développement. Ce financement comprend un prêt de 119,21 millions de dollars destiné à l’Ouganda et un don de 32,5 millions de dollars accordé au Soudan du Sud. En outre, l’Initiative du bassin du Nil, à laquelle les deux pays sont membres, bénéficie également d’un don supplémentaire de 1,95 million de dollars du FAD.

L’Union européenne a apporté une contribution significative avec un don de 48,93 millions d’euros pour le Soudan du Sud, tandis que le gouvernement ougandais a alloué une contrepartie équivalente à 17,44 millions de dollars.

L’objectif principal du projet est d’intégrer le Soudan du Sud au réseau régional énergétique de l’Afrique de l’Est, contribuant ainsi à résoudre les problèmes d’approvisionnement en électricité de ce pays tout en mettant à profit les excédents de production d’électricité de l’Ouganda. Ce projet vise à renforcer le commerce transfrontalier de l’électricité entre ces deux pays voisins et à améliorer la fiabilité et la durabilité des infrastructures énergétiques dans la région.

Composantes du projet

Le projet d’interconnexion électrique comprend plusieurs phases, dont la construction d’une ligne de transmission de 299 kilomètres reliant Gumbo, près de Juba (Soudan du Sud), à Olwiyo en Ouganda. Cette ligne comprendra 149 kilomètres sur le territoire du Soudan du Sud et 150 kilomètres en Ouganda. En outre, deux nouvelles sous-stations de 400/132/33 kV seront construites à Gumbo et Biba, à la frontière avec l’Ouganda, tandis que les sous-stations existantes de Karuma et Olwiyo seront modernisées et étendues.

Les composantes comprennent également la mise en place des réseaux de distribution et la réalisation de 1 000 connexions de dernière mile, cruciales pour améliorer l’accès à l’électricité des populations locales. La gestion et la supervision du projet seront assurées avec une attention particulière portée au renforcement des capacités locales, à la coordination conjointe et à la réalisation d’une étude du coût du service d’électricité pour le Soudan du Sud. Un plan d’action pour la réinstallation des populations affectées par le projet, ainsi qu’un programme d’égalité de genre, complètent les aspects sociaux du projet.

Contexte historique et objectif du projet

En 2015, l’Ouganda et le Soudan du Sud ont signé un protocole d’accord pour le développement d’une ligne de transport d’électricité à haute tension de 400 kV entre Olwiyo (Ouganda) et Juba (Soudan du Sud). L’objectif de ce partenariat était de pallier le manque d’électricité au Soudan du Sud, tout en favorisant un approvisionnement énergétique fiable, propre et à coût abordable pour les deux nations. Ce projet, soutenu par le Programme d’action subsidiaire des lacs équatoriaux du Nil, a permis de lancer cette initiative d’interconnexion.

Impact économique et environnemental

Le projet devrait permettre un échange moyen de 624 GWh d’électricité par an entre l’Ouganda et le Soudan du Sud, contribuant ainsi à une réduction substantielle des émissions de gaz à effet de serre dans la région. Environ 286 710 personnes au Soudan du Sud bénéficieront directement de l’accès au réseau électrique amélioré, ce qui favorisera le développement socio-économique de la région.

Le projet générera également des emplois durables, avec la création de 50 emplois permanents (dont 15 pour les femmes) et 1 000 emplois temporaires (dont 300 pour les femmes) durant les phases de construction et d’exploitation. Ces initiatives contribueront à réduire la pauvreté et à promouvoir l’inclusion sociale, notamment en favorisant l’accès à l’énergie pour les communautés rurales et en soutenant la croissance économique.

Une opportunité pour la paix et la stabilité

« Ce projet est essentiel pour libérer des opportunités commerciales et catalyser l’industrie locale ainsi que la production de biens. Il créera des emplois pour les jeunes et les femmes, réduisant ainsi la pauvreté et renforçant la résilience des populations.

Cela s’attaque directement aux facteurs clés de conflit et de fragilité au Soudan du Sud, en ligne avec les stratégies de la Banque africaine de développement », a déclaré Bhebhe Themba, responsable pays pour le Soudan du Sud à la Banque africaine de développement.

VivAfrik

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