Niger : 50 migrants, dont 12 enfants, « en détresse » secourus en plein désert près de la Libye

Cinquante migrants dont 20 femmes et 12 enfants ont été secourus vendredi par l’armée nigérienne. Ils étaient « en détresse sous des conditions climatiques extrêmes ». Leur véhicule était tombé en panne alors qu’ils se dirigeaient vers la Libye – dans l’espoir de rejoindre ensuite l’Europe.

Cinquante migrants « en détresse » ont été secourus en fin de semaine dans le nord désertique du Niger près de la frontière libyenne, point de passage sur la route vers l’Europe, a annoncé dimanche 16 mars l’armée nigérienne.

Les 50 migrants, dont 20 femmes et 12 enfants, étaient « en détresse sous des conditions climatiques extrêmes » lorsque le véhicule qui les transportait est tombé en panne, vendredi, a précisé l’armée dans son dernier bulletin des opérations.

Ils se dirigeaient tous vers la Libye. L’armée n’a pas précisé leur nationalité.

C’est un détachement de la Brigade d’intervention rapide des militaires qui leur a porté secours dans la zone nigérienne de Djado, à environ 200km de la frontière libyenne, a encore précisé l’armée.

Les migrants ont reçu des « soins d’urgence » après leur évacuation vers le « puits de l’espoir », un point d’eau rarissime dans cette région où les voyageurs et des milliers de migrants font souvent escale dans leur périlleuse traversée du désert.

La chaleur, le manque de vivres et d’eau et les milices qui sévissent dans le désert du Sahara sont autant de dangers pour les migrants qui veulent rejoindre la Méditerranée dans l’espoir d’arriver ensuite en Europe.

Les migrants secourus se trouvaient en plein désert vers Djado sous "une chaleur extrême". Crédit : Google maps

En 2019, trois migrants nigériens sont morts de soif en plein désert nigérien alors qu’ils étaient en route pour la Libye.

Ils sont morts dans le désert à la suite, eux aussi, d’une panne de leur véhicule « qui transportait une dizaine de passagers en direction de la Libye », avait à l’époque précisé à l’AFP un élu d’Agadez.

« Beaucoup de pertes humaines dans le Sahara »
Un militaire nigérien, sous couvert d’anonymat, avait raconté à InfoMigrants comment se déroulaient les patrouilles dans le désert pour secourir les migrants qui s’y aventurent : « Il y a beaucoup de pertes humaines dans le Sahara. Avant même de mettre le pied en Libye, vous devez affronter de dures épreuves [les températures atteignent 50 degrés, le jour, dans le Sahara, ndlr]. Le plus grand risque, c’est d’être abandonné par les passeurs. Quand les camionnettes [dans lesquels les migrants sont transportés] tombent en panne, les passeurs les abandonnent dans le désert, sans eau ni nourriture. »

De nombreux corps disparaissent aussi à jamais.

« Dans le désert du Sahara, les tempêtes de sable et de vent sont fréquentes. Les traces des véhicules disparaissent rapidement. Si vous posez un objet dans le sable, il disparaîtra très vite. C’est pareil avec les cadavres. Certaines dépouilles sont ensevelies à tout jamais », avait expliqué Rhoumour Ahmet Tchilouta, membre de l’organisation Border Forensics et doctorant en géographie politique à l’université de Grenoble.

Nombreux refoulements
Il y a aussi les refoulements entre les deux pays. En janvier 2025, 770 migrants nigériens, dont une soixantaine d’enfants, ont été expulsés de Libye, avait indiqué l’armée. Ces derniers avaient été encadrés côté Niger par une escorte militaire et leur accueil avait été coordonné par l’armée et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Un homme sur les dunes d'Assamaka, au Niger, aux portes du désert. Crédit : Mehdi Chebil

De nombreux refoulements de migrants ont également lieu dans la zone, depuis l’Algérie notamment.

En 2024, plus de 31 000 migrants ont été expulsés d’Algérie vers le Niger voisin, selon l’ONG Nigérienne Alarme Phone Sahara (APS), qui évoque un chiffre record.

Au fil des années, InfoMigrants a recueilli de nombreux témoignages d’exilés qui ont été expulsés d’Algérie après avoir été arrêtés dans la rue ou bien à la suite d’une tentative de traversée de la Méditerranée avortée.

Les exilés sont alors déposés dans le désert au sud de l’Algérie, dans la zone dite de « Point zéro », et sommés de traverser la frontière à pieds jusqu’à rejoindre la ville nigérienne d’Assamaka, où se trouve un centre de transit de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

L’ONG APS dénonce régulièrement les « traitements violents » voire « mortels » à l’encontre des migrants ouest-Africains lors d’opérations de refoulement effectuées par l’Algérie et la Libye vers le Niger. Au printemps 2024, 11 migrants étaient morts de soif dans le désert algérien, à la frontière du Niger, vers « Point Zéro ».

infomigrants

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