Face à l’augmentation de la déforestation ces dernières années, l’agriculture extensive en Côte d’Ivoire a un impact environnemental préoccupant. Dans ce contexte, le gouvernement ivoirien prend des mesures pour promouvoir l’agroforesterie, une solution durable visant à lutter contre la dégradation des terres tout en offrant une alternative aux agriculteurs.
Dans cette dynamique, le gouvernement a annoncé un projet ambitieux dans le département de Sassandra : la création de cinq zones d’agroforesterie permanente d’une superficie totale de 20 000 hectares. Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’initiative de réhabilitation de la réserve forestière d’Okromodou et a été approuvé le vendredi 14 mars 2025. Le coût total de cette initiative est estimé à 42 milliards de francs CFA, soit environ 69,6 millions de dollars américains.
Une initiative importante pour la réhabilitation de l’environnement
L’agroforesterie, qui combine les cultures agricoles et les arbres dans le même espace, permet de restaurer les sols tout en améliorant la productivité agricole. Cette approche s’attaque directement aux causes de la déforestation, notamment l’expansion de la culture cacaoyère, en offrant une alternative viable et durable pour les agriculteurs. Le projet prévoit, en plus des 20 000 hectares dédiés à l’agroforesterie, des infrastructures socioéconomiques telles que des systèmes d’adduction d’eau potable, l’électrification des zones, ainsi que la construction de centres de santé et d’écoles pour améliorer les conditions de vie des populations locales.
Un plan d’agrandissement de la couverture forestière
L’objectif global du gouvernement est de restaurer la couverture forestière du pays, qui a diminué de manière dramatique. En effet, la superficie forestière ivoirienne a chuté de 83 % depuis 1960, passant de 17 millions d’hectares à seulement 3 millions d’hectares en 2024. Ce déclin est en grande partie dû à l’expansion de la culture du cacao, une culture de rente qui ne cesse de s’étendre.
Avec l’adoption du nouveau code forestier en 2019, l’État ivoirien met en place des stratégies pour inverser cette tendance.
L’une des priorités majeures est de parvenir à augmenter la couverture forestière du pays à 6,5 millions d’hectares d’ici 2030. Cela inclut un renforcement des projets de reboisement et d’agroforesterie à travers tout le pays, en ciblant notamment les régions où la déforestation est la plus marquée.
La réserve forestière d’Okromodou : un acteur clé dans la réhabilitation des espaces forestiers
La réserve forestière d’Okromodou, créée en 1936 et couvrant une superficie de 96 443 hectares, joue un rôle central dans la stratégie de reforestation et de réhabilitation des écosystèmes forestiers de la Côte d’Ivoire. Ce projet d’agroforesterie permettra non seulement de redonner vie à des terres dégradées mais aussi d’assurer un développement économique durable pour les communautés rurales en créant des emplois dans les secteurs agricoles et environnementaux.
Perspectives et défis
Le projet d’aménagement des zones agroforestières à Sassandra représente un tournant pour la lutte contre la déforestation en Côte d’Ivoire. Cependant, les détails sur la date de démarrage des travaux et leur durée de réalisation restent encore inconnus. Une fois opérationnel, ce programme pourrait devenir un modèle pour d’autres régions du pays, contribuant à la préservation de l’environnement tout en soutenant une agriculture durable.
VivAfrik