Six personnes ont été retrouvées mortes et 40 autres sont portées disparues après le naufrage de leur embarcation au large de l’île italienne de Lampedusa. Dix exilés, quatre femmes et six hommes, ont par ailleurs été secourus par les gardes-côtes italiens.
Nouveau drame sur la route migratoire méditerranéenne. Mardi 18 mars, dix personnes, quatre femme et six hommes, ont pu être secourues alors qu’elles se trouvaient sur une embarcation à moitié immergée au large de l’îlot Lampione, près de Lampedusa. Après ce sauvetage in extremis, les gardes-côtes italiens ont récupéré six corps, tous de sexe masculin.
Mercredi matin, les recherches se poursuivaient en mer pour tenter de retrouver 40 exilés portés disparus lors de ce même naufrage.
Ancora troppi morti in un nuovo naufragio nel Mediterraneo: salvati su un gommone i superstiti riferiscono di essere partiti il 17 da Sfax in Tunisia in 56. Dopo qualche ora di navigazione, il gommone ha iniziato a sgonfiarsi e prendere acqua. 6 corpi recuperati. 40 dispersi.
— Chiara Cardoletti (@chiaraUNHCR) March 19, 2025
D’après les témoignages des survivants rapportés dans la presse italienne, l’embarcation pneumatique de dix mètres est partie dans la nuit de dimanche à lundi de Sfax, dans le centre-est de la Tunisie, avec 56 migrants à son bord. Parmi eux, des Camerounais, des Ivoiriens, des Maliens et des Gambiens.
Moins de 24 heures après leur départ des côtes tunisiennes, alors qu’elles se trouvaient dans les eaux internationales, de nombreuses personnes sont tombées à l’eau, peut-être à cause de la mer agitée. L’embarcation a continué sa navigation vers l’Italie. Puis mardi après-midi, elle s’est dégonflée et a coulé.
Moins d’arrivées de Tunisie
Cela faisait plusieurs semaines qu’aucun canot en provenance de Tunisie n’avait été repéré au large des côtes italiennes. Dernièrement, la majorité des arrivées en Italie concerne des embarcations parties des rives libyennes, indiquent les médias nationaux.
Mais dans la nuit de dimanche à lundi, plusieurs bateaux ont pris la mer au même moment depuis la Tunisie.
Au total, 612 exilés ont été interceptés par les garde-côtes tunisiens, et 18 corps ont été retrouvés dans l’eau.
Arrivée au pouvoir en 2022, Giorgia Meloni, cheffe du parti post-fasciste Fratelli d’Italia (FDI) avait fait de la lutte contre l’immigration l’une de ses principales promesses de campagne, alors que l’Italie est de longue date en première ligne face au phénomène des migrants qui traversent la Méditerranée.
Elle s’était engagée à mettre fin aux débarquements de migrants et à accélérer les rapatriements.
Pour ce faire, son gouvernement s’est notamment employé à entraver l’action des ONG portant secours aux migrants en mer, a promu la signature au niveau de l’Union européenne (UE) d’accords avec les pays de départ, notamment la Tunisie.
Ce partenariat controversé prévoit une aide budgétaire de 150 millions d’euros et l’octroi de 105 millions d’euros pour aider le pays à lutter contre l’immigration irrégulière.
Ces financements ont débouché sur une hausse des interceptions de canots de migrants en 2024 et une nette réduction des arrivées en Italie (-80 % sur un an l’année dernière par rapport à 2023).
Cette année, les débarquements en Italie tendent à augmenter légèrement. Depuis le 1er janvier, 8 936 exilés sont arrivés en Italie, contre 8 630 à la même période de l’an dernier, d’après les chiffres du ministère italien de l’Intérieur. La majorité de ces migrants sont originaires du Bangladesh, suivi du Pakistan et de Syrie.
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