Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky, Donald Trump, les Européens… Quelles sont les propositions de chacun pour un cessez-le-feu ?

Lors d’un appel téléphonique mardi avec son homologue américain, Vladimir Poutine a accepté d’arrêter les frappes sur les infrastructures énergétiques en Ukraine pour 30 jours, mais ne s’est pas engagé à un cessez-le-feu total.

Les discussions s’accélèrent. Les négociations sur un cessez-le-feu en Ukraine « vont commencer dimanche à Jeddah », en Arabie saoudite, a annoncé, mardi 18 mars, l’émissaire américain Steve Witkoff, après une discussion téléphonique entre le président Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine. A quelques jours du début de ces pourparlers, franceinfo résume les propositions des différents acteurs centraux du conflit.

La Russie déroule ses exigences
Au cours de son appel avec Donald Trump, Vladimir Poutine a accepté d’arrêter les frappes sur les infrastructures énergétiques en Ukraine pour 30 jours, mais ne s’est pas engagé à un cessez-le-feu total. En effet, cette option « bloquerait les Russes alors qu’ils ont l’avantage en ce moment », analyse Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France en Russie, sur franceinfo.

Avant cet entretien avec son homologue américain, le président russe avait également exigé la fin du « réarmement » de l’Ukraine et l’arrêt de l’aide occidentale à Kiev.

Ces conditions visent à « affaiblir » l’Ukraine et montrent que Vladimir Poutine n’est pas prêt « à mettre fin » à la guerre, avait alors rétorqué le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Invité de Fox News mardi, Donald Trump a toutefois assuré que le dirigeant russe n’avait pas exigé, lors de leur entretien, un arrêt immédiat de l’aide occidentale à l’Ukraine.

La Russie a par ailleurs posé, ces dernières semaines, de nombreuses conditions pour que cessent totalement les hostilités.

Elle réclame notamment la cession de cinq régions ukrainiennes, dont la Crimée. Mais ce n’est pas tout : Moscou demande l’abandon de la candidature de l’Ukraine à l’Otan et exige le démantèlement du pouvoir ukrainien en place.

L’Ukraine demande le déploiement d’une force d’interposition
Mise sous pression par les Etats-Unis, l’Ukraine avait déjà accepté l’idée d’un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours. Mais Volodymyr Zelensky a demandé à connaître « les détails de ce que les Russes ont offert aux Américains ou de ce que les Américains ont offert aux Russes » dans le cadre de l’accord de mardi, alors qu’il était tenu à l’écart des négociations. Les Etats-Unis doivent assurer le « contrôle » d’un cessez-le-feu partiel, a par ailleurs fait valoir Volodymyr Zelensky.

Le président ukrainien a également appelé à ne faire aucune « concession » à la Russie.

« Aujourd’hui, je serai en contact avec le président Trump, et nous discuterons des prochaines étapes », a-t-il déclaré mercredi. Il a assuré que Kiev respecterait ce cessez-le-feu partiel sur les infrastructures énergétiques si Moscou fait de même : « Si les Russes ne frappent pas nos installations, nous ne frapperons certainement pas les leurs. »

Dans une interview accordée au quotidien britannique The Guardian(Nouvelle fenêtre) mi-février, le président Zelensky s’était dit prêt à « un échange » de territoires avec la Russie, dans le cadre d’éventuelles négociations de paix sous l’égide des Etats-Unis. Il avait ajouté ne pas savoir quel territoire Kiev demanderait en retour. Il souhaite par ailleurs des garanties de sécurité de la part de ses alliés occidentaux et le déploiement d’une force d’interposition pour garantir une éventuelle trêve.

Washington veut une trêve… et un accord sur les minerais
Les Etats-Unis défendent une trêve à tout prix, ou presque. Au point d’avoir suspendu l’aide militaire et le partage de renseignements avec Kiev, avant de les rétablir lorsque l’Ukraine a entériné son projet de cessez-le-feu. Le président américain, qui a engagé un rapprochement historique avec Moscou, a d’ores et déjà validé plusieurs revendications russes, en jugeant impossibles le maintien de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et son adhésion à l’Otan.

Donald Trump s’est ainsi dit prêt à parler de « partage » entre l’Ukraine et la Russie, mais les comptes rendus des échanges de mardi entre les deux hommes ne mentionnent pas d’éventuels redécoupages territoriaux.

L’exécutif américain s’est par ailleurs vanté de l' »immense avantage » d’une « meilleure relation bilatérale » entre les Etats-Unis et la Russie, avec à la clé de potentiels « énormes accords économiques ».

Dans ces discussions en haut lieu, Washington veut conditionner l’aide militaire apportée à Kiev à l’obtention de contrats d’exploitation des ressources naturelles ukrainiennes. Marco Rubio, le secrétaire d’Etat américain, a ainsi déclaré qu’un accord sur les minerais donnerait aux Etats-Unis un « intérêt direct » à protéger l’Ukraine. Après la rencontre houleuse à la Maison Blanche fin février, Volodymyr Zelensky et Donald Trump n’avaient finalement pas ratifié cet accord si important pour les Etats-Unis, mais les deux pays ont tout de même convenu de le signer dès que possible.

Les Européens se tiennent derrière Kiev
L’entretien entre Vladimir Poutine et Donald Trump montre que la Russie n’est pas prête à faire des « concessions » sur l’Ukraine, a affirmé mercredi la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, qui juge inacceptable la demande russe d’un arrêt du soutien militaire occidental à Kiev.

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, et Emmanuel Macron cherchent également à constituer une « coalition de pays volontaires » qui dépêcheraient des contingents sur le sol ukrainien en cas d’arrêt des combats, afin de dissuader la Russie de repasser à l’attaque. Le gouvernement britannique a précisé lundi qu’un « nombre significatif » de pays étaient prêts à fournir des troupes pour garantir un éventuel cessez-le-feu en Ukraine dans ce cadre. Mais Moscou ne veut pas entendre parler de ce déploiement.

Aux côtés du chancelier allemand, Olaf Scholz, Emmanuel Macron et Keir Starmer ont par ailleurs confirmé à l’Ukraine la poursuite de l’aide militaire assurée par leurs pays.

franceinfo

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