Installé depuis trois mois à Matignon, le Premier ministre détaille le programme de son gouvernement pour les prochaines semaines… Une manière de montrer qu’il est au travail, alors que la menace de censure refait son apparition avec l’échec du « conclave » sur les retraites.
Un cap pour le printemps. Dans un courrier qu’il vient d’adresser à la présidente de l’Assemblée nationale, au président du Sénat et aux cheffes et chefs des différents groupes parlementaires, le Premier ministre François Bayrou détaille ce que sera le programme du gouvernement au cours des prochaines semaines.
« Nous n’avions pas de budget »
Revenant rapidement sur ses trois premiers mois à Matignon, le maire de Pau (Pyrénées-Atlantiques) explique que sa priorité a été d’assurer la stabilité du pays. « Nous n’avions pas de budget, ni pour l’action publique, ni pour la Sécurité sociale à la fin de l’année dernière. En deux mois, nous avons réussi à doter la France de ses budgets.
La loi d’urgence pour Mayotte a aussi été adoptée dans le même temps.
Cette première séquence a été close il y a trois semaines.
Nous sommes entrés aussitôt dans l’examen de textes très importants pour nos concitoyens : pour leur sécurité avec la lutte contre le narcotrafic ; pour notre production agricole ; les outre-mer… »
Éducation et santé
D’ici à l’été, « hormis les efforts exigeants en matière de défense et de sécurité à l’échelon national et européen », l’exécutif compte s’attaquer à plusieurs gros chantiers. En matière d’éducation, le Premier ministre et sa ministre Élisabeth Borne annonceront ainsi « dès la semaine prochaine » des mesures pour la formation des enseignants et la reconquête de l’écrit.
Début avril, le gouvernement se mobilisera sur les déserts médicaux, à l’occasion de l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale de la proposition de loi transpartisane du socialiste mayennais Guillaume Garot. « Le parcours de soins est devenu un parcours du combattant. Et même si des efforts ont été accomplis, les inégalités territoriales en matière de santé se creusent. Il est de notre devoir d’entrer dans l’action », écrit François Bayrou.
Le budget 2026, déjà…
Toujours en avril, le chef du gouvernement veut lutter contre la bureaucratie « épuisant les Français dans leur quotidien ». L’Assemblée examinera, à cette occasion, un projet de loi de simplification de la vie économique. « Mais il faut aller plus loin. Je veux associer les citoyens, les acteurs économiques, la société civile à la remise en cause des procédures inutiles. Ils auront la charge d’exposer aux différentes administrations les incompréhensions et tracasseries que notre système leur impose. »
Votre opinion sur François Bayrou a-t-elle changée suite aux révélations de l’affaire Betharram ?
Toujours le mois prochain, le Premier ministre annonce une conférence nationale des finances publiques, « première pierre de la préparation collective du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026. La situation des finances publiques, tout le monde le sait, est très inquiétante. L’exécutif entend faire des choix en toute transparence. »
Et la fin de vie ?
Parallèlement à ces travaux, le Premier ministre maintient ses priorités en matière de défense, de sécurité quotidienne, d’immigration, de transition écologique, de retraites… « Rien ne sera négligé », affirme-t-il, au moment même où le « conclave » sur les retraites prend l’eau, depuis que François Bayrou a annoncé son refus de revenir sur l’âge de départ à 62 ans.
Si le chef du gouvernement maintient sa volonté d’organiser un débat « large et ouvert » sur Qu’est-ce qu’être Français ? il ne dit, en revanche, pas un mot de la discussion sur la fin de vie qui doit s’amorcer à l’Assemblée nationale à la mi-mai. Oubli ou acte volontaire ? « Ce texte est déjà calé dans le débat parlementaire. L’objet de cette lettre est d’évoquer les autres dossiers », précise Matignon.
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