Jordan Bardella perd son procès en diffamation face à « Libération »

Le patron du RN avait poursuivi le journal dans l’affaire des assistants parlementaires fictifs au Parlement européen.

La justice est passée : Libération a le droit de dire que Jordan Bardella est « un assistant parlementaire fantôme », a annoncé le quotidien ce vendredi 21 mars. Le président du Rassemblement national avait porté plainte en diffamation contre le journal, qui le qualifiait ainsi dans le titre d’un de ses articles paru en septembre 2023.

Dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires fictifs du parti d’extrême droite, le quotidien de gauche rappelait que Jordan Bardella avait été rémunéré en 2015 par le Parlement européen sans que la réalité de son travail ne soit prouvée.

« L’article relatait qu’à la différence de Marine Le Pen, Jordan Bardella n’était pas poursuivi, alors même qu’aucune preuve de travail effectif pour son eurodéputé quand il était son assistant, n’avait pu être retrouvée. Et ce, malgré une rémunération totale de 10 444 euros », explique le journaliste Tristan Berteloot, coauteur avec Laurent Léger de l’article incriminé.

Ainsi, Libé racontait comment l’actuel eurodéputé avait réussi à « passer entre les gouttes de la justice ».

Au contraire de treize autres anciens assistants parlementaires inquiétés par le ministère public, son nom à lui ne figurait nulle part. Il n’a d’ailleurs été convoqué ni par la police ni par les juges. Mais malgré un passage dans l’équipe de l’ex-député européen Jean-François Jalkh, personne ne se souvient l’avoir vu travaillé. Son travail était alors qualifié de « plus que discret ».

Un article « inattaquable, très bien écrit »
Lors du procès qui s’est tenu en janvier au tribunal judiciaire de Paris, l’avocat de Jordan Bardella a eu toutes les peines du monde à justifier du caractère diffamatoire de la plainte. « Fantomatique veut dire inexistant, irréel, voire spectral. Le fantôme étant par définition celui que, sauf à être un adepte du paranormal, on ne voit jamais », avait-il plaidé, selon le compte rendu qu’en a fait Libération.

De la même façon, il s’était insurgé contre l’emploi de l’expression « entre les gouttes », estimant que sa connotation négative nuisait à la bonne compréhension du titre.

« L’origine de cette expression se base sur la métaphore relative à la pluie qui, de par ses gouttes, mouille », avait-il exprimé. Avant de reconnaître que l’article était « inattaquable, de très bonne facture, et très bien écrit ». Si le tribunal a jugé que le titre n’était « pas diffamatoire », et a donc donné raison à Libération, Jordan Bardella dispose de dix jours pour faire appel.

Le HuffPost 

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