L’ex-chef d’État nigérian s’est reconverti depuis en homme d’affaires, notamment dans l’élevage. Ses activités participent à la création de chaines de valeurs locales dans les pays où elles s’implantent.
L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est attendu en avril 2025 au port autonome de Kribi pour lancer son consortium Obasanjo Agro-Allied Business Ltd (OABL), tourné vers le commerce transfrontalier entre le Cameroun et le Nigeria. Selon un communiqué d’Agha Albert Ngwana, DG d’Aftel Cameroon Limited, entreprise partenaire du groupe d’Obasanjo, OABL va investir au Cameroun dans les secteurs de l’agriculture, du transport maritime, de l’hôtellerie, du pétrole, etc., pour un coût global de 700 millions USD (environ 420 milliards FCFA).
Dans le détail, Obasanjo va étendre sa ferme au Cameroun sur 610 hectares de terres, en y cultivant du soja et du maïs en vue d’alimenter son cheptel.
Ceci, à la faveur des concessions accordées par le port autonome de Kribi à OABL. Le groupe envisage de créer des industries de fabrication d’emballages, la vente en gros d’engrais et la construction d’entrepôts.
L’entreprise envisage par ailleurs d’aménager 10 ha pour la transformation du bois.
L’intention est de décongestionner les ports d’Apapa et de Lekki « en effectuant de nombreux services, y compris le transbordement et de nombreuses autres activités maritimes au port en eau profonde de Kribi » explique Agha Albert Ngwana. OABL prévoit également la construction de parcs de stockage de pétrole et de gaz pour le ravitaillement des navires, ainsi que la construction d’un hôtel 5 étoiles à Kribi.
Ces investissements surviennent au moment de la mise en service de la phase 2 du port de Kribi.
Le 21 février 2025, China Harbour Engineering Company (CHEC), une filiale de CCCC, a procédé à sa remise technique. D’une longueur totale de quai de 715 mètres, sa mise en service commerciale, annoncée en avril, devrait permettre d’améliorer considérablement l’efficacité et la capacité d’accueil du port. Les investissements d’OABL contribueront à renforcer les liens économiques entre le Cameroun et le Nigeria, deux puissances économiques régionales.
Ils permettront de soutenir les producteurs locaux, créer un environnement favorable au développement régional et établir le port en eau profonde de Kribi comme point d’arrêt des activités commerciales transfrontalières. Cela favorisera la réalisation des objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en facilitant le commerce intra-africain.
Selon l’Institut national de la statistique, le volume des échanges commerciaux entre le Cameroun et le Nigeria a été porté en 2023 par les exportations, chiffrées à 39,5 milliards FCFA, et des importations de 39,4 milliards FCFA, soit un excédent commercial de 0,1 milliard FCFA au profit du Cameroun. Mais, l’INS admet que ces chiffres sont à relativiser au regard de la part de l’informel et de la contrebande qui caractérisent les échanges commerciaux entre ces deux pays, qui partagent une longue et poreuse frontière d’environ 1500 km.
gence Ecofin