En meeting à Marseille ce samedi, à la veille du vote des adhérents LR pour leur président, Édouard Philippe a beaucoup parlé politique et critiqué ses adversaires de droite. Une façon de rentrer un peu plus dans la course pour l’Élysée.
Édouard Philippe avance à son rythme pour 2027 et se moque éperdument de ceux, souvent des rivaux, qui critiquent son calendrier et ironisent sur le « projet massif » promis par l’ancien Premier ministre mais qui tarde à venir. Il n’en a cure, mais il leur répond.
S’exprimant ce samedi en meeting à Marseille à la veille du vote des adhérents LR, qui devront trancher entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez pour leur présidence, Édouard Philippe a critiqué, sans les nommer, les deux hommes qui ont tous les deux remis en cause l’État de droit ces derniers mois. « Cet État de droit doit être préservé, n’en déplaise à ceux qui en font le bouc émissaire commode de leur impuissance », a dit le président d’Horizons.
« Trumpisme aux petits pieds »
Et comme si ce n’était pas suffisamment clair, Édouard Philippe a pointé le « n’importe quoi populiste », et « ceux qui font du trumpisme aux petits pieds en rêvant de ressusciter le bagne du comte de Monte-Cristo à Saint-Pierre-et-Miquelon », visant clairement Laurent Wauquiez. La critique n’est pas neutre : le chef de file des députés Droite républicaine à l’Assemblée a écarté toute entente future avec lui et l’accuse de vouloir faire « un ticket » avec Bruno Retailleau.
« Tout cela me laisse assez indifférent. Je ne serai pas prisonnier du jeu des partis, des étiquettes et des postures.
Nous sommes qui nous sommes. Je suis qui je suis », a dit Édouard Philippe. Et qui est-il ? Un homme de droite, assumé comme tel, mais ne voulant pas accéder à l’Élysée « pour défendre la pureté de la droite française » mais pour l’ensemble des Français. Et de citer le général de Gaulle qui « n’a jamais fait de tri entre la gauche et la droite ». Le but : élargir plus que rétrécir…
« L’insécurité, une réalité »
Des trois meetings régionaux qu’il a tenus depuis le début de l’année, celui de Marseille après Bordeaux en janvier et Lille en mars, était le plus politique. D’abord car il a répondu aux critiques. Ensuite car il a parlé des problématiques régaliennes, notamment de justice. « Notre pays est devenu violent », a-t-il reconnu, refusant de parler de « sentiment d’insécurité ». « L’insécurité n’est pas un sentiment, c’est une réalité, quotidienne, parfois asphyxiante. »
Preuve aussi qu’il a entendu les critiques en immobilisme, le déjà candidat à la présidentielle a avancé quelques idées pour réduire les délais de la justice de première instance.
Il a aussi dit que la suppression de la double peine sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy était « une erreur » et que le juge d’application des peines n’avait à ses yeux, pas beaucoup de raison d’être.
Le « projet massif » qu’il prépare sera dévoilé après les élections municipales.
Un rendez-vous capital pour tous les partis, mais notamment le sien, à un an de la présidentielle. Que son jeune parti, créé au lendemain de son départ de Matignon, gagne quelques villes symboliques en France au détriment des LR, et il sera en position de force pour la course élyséenne. Une course de fond, dans tous les sens du terme, et non de vitesse.
ledauphine