La recherche avance sur le cancer du côlon, et une chose semble de plus en plus évidente : certains choix du quotidien pourraient faire la différence pour éviter les rechutes.
Deuxième cause de décès par cancer en France, le cancer du côlon a été diagnostiqué chez 47 582 nouveaux patients en 2023. Si la génétique, le tabagisme ou encore l’âge sont des facteurs bien identifiés dans le risque de développer ce type de cancer, de nombreuses recherches sont menées pour mieux comprendre les paramètres qui influencent le taux de survie et de récidive après traitement.
L’une d’entre elles, publiée dans The New England Journal of Medicine, et dévoilée lors du congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology (Asco), a montré que l’activité physique encadrée pourrait devenir un véritable allié thérapeutique contre le cancer du côlon.
L’exercice physique prolonge la vie après un cancer du côlon
Cette étude, nommée Challenge, a été menée dans 6 pays auprès de 889 survivants du cancer du côlon après leur chimiothérapie.
La moitié des participants avaient accès à un programme d’activités physiques encadré pendant trois ans, avec des exercices personnalisés, souvent sous forme de marches rapides de 45 minutes, quatre fois par semaine. L’autre moitié recevait seulement des brochures d’éducation à la santé. Cet essai randomisé a conclu aux résultats suivants :
28 % de récidives en moins et 37 % de décès en moins dans le groupe exercice ;
la survie sans maladie à 5 ans était de 80,3 % dans le groupe exercice et de 73,9 % dans le groupe éducation à la santé ;
la survie globale à 8 ans était de 90,3 % dans le groupe exercice et de 83,2 % dans le groupe éducation à la santé.
Les chercheurs soulignent que l’activité physique aurait également d’autres bénéfices tels qu’une réduction de l’inflammation, l’amélioration de la sensibilité à l’insuline ou encore le renforcement du système immunitaire.

Quand bouger et bien manger deviennent des armes contre le cancer
Une autre étude, publiée dans le Journal of Clinical Oncology, menée sur 1 625 patients atteints d’un cancer du côlon de stade III a montré que l’alimentation pouvait, elle aussi, influencer la survie.
« L’une des questions les plus courantes que les patients posent est de savoir ce qu’ils devraient faire après le traitement pour réduire au maximum leur risque de récidive du cancer et améliorer la survie », a déclaré le Dr Sara Char, première auteure de l’étude et clinicienne au Dana-Farber Cancer Institute.
Les personnes qui ont une alimentation pro-inflammatoire, riche en viandes transformées, céréales raffinées et boissons sucrées, présentent un risque de décès accru de 87 % par rapport à celles qui privilégient un régime anti-inflammatoire, notamment riche en légumes.
Ces deux études convergent vers une même conclusion : les habitudes de vie jouent un rôle déterminant dans la prévention du cancer du côlon et dans la survie des personnes déjà atteintes.
Limiter la sédentarité, manger mieux, se faire suivre : ces gestes simples pourraient bien devenir les armes les plus efficaces contre la récidive. La science avance, et avec elle, une nouvelle façon d’envisager la lutte contre le cancer.
futura