Le chancelier autrichien, Christian Stocker, a déploré mardi « une tragédie nationale » et décrété trois jours de deuil dans le pays alpin, après une attaque dans un établissement scolaire ayant fait dix morts et plusieurs blessés graves.
Une attaque perpétrée par un ancien élève a fait dix morts et 11 blessés graves dans un établissement scolaire de Graz, en Autriche. Un premier bilan faisait état de neuf morts. Après avoir commis les crimes, l’assaillant s’est donné la mort dans les toilettes, a précisé la police qui s’est refusée à toute spéculation sur son mobile à ce stade. « L’identification des victimes est en cours », a déclaré la maire de la ville du sud-est de l’Autriche, et la situation est « sécurisée ». Parmi elles figurent des élèves et au moins un adulte dans cet établissement scolaire de niveau collège-lycée. Les lieux ont été rapidement sécurisés et évacués et les adolescents, pris en charge par une cellule de crise.
L’auteur présumé a agi seul, d’après la police, et le mobile est inconnu à ce stade. Le jeune homme, un Autrichien de 21 ans originaire de la région, a utilisé, pour commettre l’attaque, un fusil et une arme de poing qu’il détenait légalement. Il avait été scolarisé dans cet établissement secondaire accueillant des élèves de 14 à 18 ans mais n’avait pas terminé son cursus.
« Un excès de violence impensable »
Le chancelier, Christian Stocker, arrivé sur place, a déploré « une tragédie nationale ». « C’est un jour sombre, un excès de violence impensable », a-t-il dit devant la presse en annonçant que les drapeaux seraient mis en berne pendant trois jours.
Les dirigeants de l’Union européenne (UE) ont fait part de leur « choc ». « Chaque enfant devrait se sentir en sécurité à l’école et être capable d’apprendre librement, sans peur et sans violence », a déclaré la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas sur le réseau X. « Les nouvelles de Graz me touchent au cœur », a souligné, de son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « Il est difficile de supporter que des écoles deviennent des lieux de mort et de violence », a-t-elle ajouté.
La cheffe du gouvernement en Italie, Giorgia Meloni, a dit avoir appris « avec douleur la tragique nouvelle », témoignant de sa « solidarité » avec l’Autriche, tout comme le premier ministre hongrois, Viktor Orban. « Nos pensées vont à nos amis et voisins autrichiens et nous partageons leur deuil », a également commenté le chancelier allemand, Friedrich Merz, après cette « horrible » attaque.
Plusieurs précédents en Europe
Loin des drames de ce genre qui secouent régulièrement les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux, l’Autriche, un pays membre de l’UE de 9,2 millions d’habitants, n’a pas l’habitude de ce type de criminalité. Elle figure parmi les dix Etats les plus sûrs du monde, d’après l’Indice mondial pour la paix (Global Peace Index).
Ces dernières années, l’Europe a été secouée par des attaques en milieu scolaire et universitaire ne relevant pas d’actes de terrorisme. En France, une assistante d’éducation a été mortellement poignardée mardi par un collégien devant son établissement, suscitant une vive émotion face à ce que le président Emmanuel Macron a qualifié de « déferlement de violence insensé ».
Ailleurs en Europe, un jeune homme de 18 ans avait mortellement poignardé, en janvier 2025, une lycéenne et une enseignante dans un établissement scolaire du nord-est de la Slovaquie. A la fin de 2024, un homme de 19 ans avait poignardé à mort un élève de 7 ans et en avait blessé plusieurs autres dans une école primaire à Zagreb, en Croatie.
Un an plus tôt, une attaque perpétrée par un étudiant avait fait 14 morts et 25 blessés à la fin de 2023 dans une université de Prague, en République tchèque.
En mars de la même année, huit élèves ainsi que le gardien d’une école du centre de Belgrade en Serbie avaient été tués par balle par un élève de 13 ans. « La Serbie ressent votre douleur, parce que nous avons aussi vécu des tragédies dont le souvenir est encore frais et dont les cicatrices sont profondément imprimées dans le cœur de chacun d’entre nous », a réagi sur X le président serbe, Aleksandar Vucic.
Le Monde