Procès du « complot » en Tunisie : jusqu’à 45 ans de prison en appel pour des opposants

Le procès en appel d’une quarantaine de figures de l’opposition, initialement prévu en octobre, avait été reporté en raison d’irrégularités dénoncées par la défense. La majorité des accusés sont poursuivis pour « complot contre la sûreté » de l’État et « adhésion à un groupe terroriste ».

Une cour d’appel en Tunisie a prononcé des peines allant jusqu’à quarante-cinq ans de prison dans le procès pour complot contre l’État d’une quarantaine de personnes, dont des figures de l’opposition, ont annoncé ce 28 novembre plusieurs médias, citant une source officielle.

La majorité des 37 accusés de ce procès dénoncé comme ayant « des motivations politiques » par des ONG sont détenus depuis 2023 et poursuivis pour « complot contre la sûreté » de l’État et « adhésion à un groupe terroriste ». Les plus connus sont : le chef de la principale coalition d’opposition Front de salut national (FSN), Jawhar Ben Mbarek, les dirigeants de partis Issam Chebbi et Ghazi Chaouachi, les politiciens Khayam Turki et Ridha Belhaj et l’homme d’affaires Kamel Eltaief.

En avril, les accusés avaient été condamnés à des peines allant jusqu’à 74 ans de prison, après seulement trois audiences « à distance » et sans plaidoiries de la défense.

Après ce premier verdict, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, avait dénoncé « des violations du droit à un procès équitable et du droit à une procédure régulière, suscitant de graves inquiétudes quant aux motivations politiques ». Des critiques venues aussi de France – où le ministère des Affaires étrangères regrettait que « les conditions d’un procès équitable n’aient pas été respectées » – et d’Allemagne que le président Kaïs Saïed avait qualifiées d’«ingérence flagrante ».

Dans un procès séparé pour « complot contre la sûreté intérieure de l’État », baptisé « complot 2 », d’autres opposants comme le chef du parti islamo-conservateur Ennahdha, Rached Ghannouchi, ont été condamnés au début de juillet à des peines allant de 12 à 35 ans.

Jeudi 27 novembre, le parlement européen a adopté une résolution appelant à la libération immédiate et sans conditions de tous les » détenus d’opinion ou personnes détenues pour avoir cherché à exercer un droit », ce qui a provoqué ce 28 novembre au matin une réaction de la présidence tunisienne, qui a de nouveau évoque une «ingérence flagrante » dans les affaires du pays.

jeuneafrique

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