Cancer de la prostate : et si ce traitement réduisait de 40 % le risque de décès ?

Touchant près de 60 000 hommes chaque année en France, le cancer de la prostate reste un enjeu majeur de santé publique. Lorsque la maladie récidive après une chirurgie ou une radiothérapie, les options sont limitées et la survie n’a que très peu progressé depuis 30 ans. Une nouvelle étude publiée en octobre dans le New England Journal of Medicine pourrait pourtant rebattre les cartes : une combinaison thérapeutique montrerait une réduction de plus de 40 % du risque de décès chez les patients à haut risque de récidive. Une avancée décrite comme « une véritable révolution » par ses investigateurs.

Pourquoi ce type de récidive est si difficile à traiter
Après un traitement initial du cancer de la prostate, certains patients voient leur taux de PSA grimper rapidement. C’est un signe d’alerte : la maladie peut repartir de manière plus agressive, parfois avec un risque de métastases osseuses. Jusqu’ici, l’hormonothérapie de référence, utilisée depuis trois décennies, n’améliorait pas significativement la survie, et les alternatives restaient limitées. Cette absence d’efficacité durable justifiait la quête d’une stratégie plus performante.

L’étude : plus de 1 000 hommes suivis sur 8 ans
Cette vaste étude internationale a inclus 1 000 patients, issus de 244 centres dans 17 pays. Tous présentaient un risque élevé de récidive après chirurgie ou radiothérapie, confirmé par une hausse rapide du PSA.

Les participants ont été répartis aléatoirement en trois groupes :

  • hormonothérapie standard seule (leuproréline) ;

  • enzalutamide seul ;

  • combinaison hormonothérapie + enzalutamide.

Résultat : après huit ans de suivi, le risque de décès était réduit de 40,3 % dans le groupe combinant les deux médicaments.

La survie globale à 8 ans atteignait :

  • 78,9 % avec thérapie combinée ;

  • 69,5 % avec hormonothérapie seule ;

  • 73,1 % avec enzalutamide seul.

Deux chercheurs cités dans l’étude confirment l’ampleur de l’avancée :

« Ces résultats constituent une véritable révolution », souligne le Dr Stephen Freedland, Cedars-Sinai Cancer.
« Cette découverte prolongera la survie des hommes atteints d’un cancer agressif », ajoute le Dr Hyung Kim, chef du service d’urologie du Cedars-Sinai.

Ce que cela change pour un patient

Prenons le cas d’un homme de 67 ans récemment opéré, dont le PSA remonte brutalement six mois après la chirurgie. Jusqu’ici, on lui proposait presque exclusivement une hormonothérapie, avec une efficacité limitée et une forte incertitude sur l’évolution de la maladie.
Avec la nouvelle combinaison enzalutamide + hormonothérapie, son risque de décès reculerait potentiellement de plus de 40 %, et ses chances d’être toujours en vie huit ans plus tard augmenteraient nettement. Pour les médecins comme pour les patients, cela représente un nouveau cap dans la prise en charge.

Cancer de la prostate : rappel essentiel
Le cancer de la prostate naît de la prolifération anormale de cellules dans la glande prostatique.
Symptômes possibles : troubles urinaires, douleurs lombaires ou pelviennes, parfois absence totale de symptôme au début.
Facteurs de risque : âge, antécédents familiaux, origine ethnique, mode de vie.
Non détectée ou mal traitée, la maladie peut évoluer vers une atteinte métastatique, notamment osseuse.

Vers un changement des recommandations ?
Cette étude pourrait influencer les futures directives françaises et internationales (HAS, ESMO, NCCN).
Cependant, certaines limites existent :

essai financé par les laboratoires développant l’enzalutamide (Pfizer et Astellas) ;

suivi de huit ans solide, mais nécessité de données en vie réelle ;

effets secondaires à analyser à long terme.

Malgré cela, les experts estiment que la combinaison thérapeutique pourrait devenir un nouveau standard pour les récidives à haut risque.

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