Il serait possible d’analyser le comportement des automobilistes pour déterminer s’ils sont à risque de développer une démence. Explications.
En France, 48 millions de personnes ont leur permis de conduire. Autant de conducteurs dont la manière d’utiliser leur voiture peut donner de précieuses informations sur leur santé. Des chercheurs américains ont analysé les comportements des automobilistes. Et ils ont identifié des données importantes grâce à des dispositifs de suivi embarqués dans les voitures.
Des itinéraires familiers
D’après les constatations des médecins de l’Université de Washington à Saint-Louis (Missouri), ces installations ont permis de mieux détecter certains problèmes de santé que des tests réalisés de manière isolée. « Nous avons constaté qu’en utilisant un dispositif de suivi des données GPS, nous pouvions déterminer avec plus de précision qui avait développé des problèmes cognitifs qu’en nous basant uniquement sur des facteurs tels que l’âge, les résultats des tests cognitifs et la présence d’un facteur de risque génétique lié à la maladie d’Alzheimer », assure l’auteur de l’étude, le professeur Ganesh Babulal.
Cette étude a été réalisée auprès de 56 personnes présentant une déficience cognitive légère et de 242 personnes cognitivement saines, tous étaient âgés de 75 ans en moyenne. Les participants ont été suivis pendant près de trois ans. Dans le détail, les chercheurs ont remarqué sur les personnes atteintes d’un stade précoce de la maladie d’Alzheimer optent pour des itinéraires qu’elles connaissent et prennent moins le volant de manière générale et elles conduisent moins la nuit.
Identifier plus tôt les conducteurs à risque pour éviter l’accident
L’équipe de recherche était capable de prédire si les participants à l’étude avaient développé un trouble cognitif léger en fonction d’un certain nombre de facteurs liés à leur conduite. Finalement, ils ont détecté des problèmes de mémoire avec une précision de 82 %. « L’identification précoce des conducteurs âgés présentant un risque d’accident est une priorité de santé publique, mais identifier les personnes dangereuses est une tâche complexe et chronophage », a expliqué le professeur Babulal.
« Observer le comportement quotidien des conducteurs est une méthode relativement peu contraignante et non intrusive pour surveiller leurs capacités cognitives et leur aptitude à fonctionner. Cela pourrait permettre d’identifier plus tôt les conducteurs à risque afin d’intervenir rapidement, avant qu’ils n’aient un accident ou un quasi-accident, ce qui arrive souvent actuellement », regrette le professeur Babulal, de la faculté de médecine de l’université Washington à Saint-Louis (Missouri). Aujourd’hui, environ 1 200 000 personnes souffrent de démences de type Alzheimer en France
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