Pluies fréquentes et parfois abondantes, vent sans doute très fort, neige en quantité sur les Alpes… La première semaine de décembre 2025 s’annonce (très) agitée. Prévisions.
Une dépression à environ 970 hectopascals au large des îles Britanniques, des vents en altitude à plus de 350 km/h… Et des grandes marées. Les modèles météo numériques se suivent et se ressemblent et alertent d’une situation à risque de très fort coup de vent, voire de tempête, samedi 6 décembre 2025, sur la France ou a minima sur un grand quart nord-ouest du pays.
Un contexte – lointain encore – mais néanmoins surveillé d’autant plus près que les coefficients de marées seront proches des 100 dans cette période, faisant craindre des submersions marines.
Un début décembre « sous haute surveillance »
La chute de la pression atmosphérique, la forte houle et le vent fort pourraient bien faire monter dangereusement le niveau d’eau près des côtes de Normandie, de Bretagne et des Hauts-de-France au début du mois de décembre.
« Même si la trajectoire exacte de cette dépression, qui pourrait débouler au large de la Bretagne samedi 6 décembre, et son intensité, restent encore à préciser ces prochains jours », veut rester prudent, le météorologue Yann Amice. Néanmoins, la convergence des scénarios est assez notable pour placer cette période de début décembre « sous haute surveillance », insiste le météorologue.
À partir de ce vendredi 28 novembre, c’est un courant perturbé océanique qui va se mettre en place sur la France avec un ballet de perturbations. Au menu : de la pluie, du vent, et de la neige en montagne. Et cela va durer, et vraisemblablement donc s’amplifier, jusqu’à cette échéance du samedi 6 décembre, donc.
Une première perturbation est attendue ce samedi 29 novembre avec des rafales de sud-ouest à 70-80 km/h sur le Cotentin et la pointe de Bretagne en matinée, puis 80 à 100 km/h en gagnant vers le golfe du Morbihan et les plages de Normandie en soirée.
Un vent fort est aussi annoncé pour lundi 1er décembre dans l’ouest. L’activité pluvieuse sera régulière et s’intensifiera au moins jusqu’au week-end des samedi 6 et dimanche 7 décembre, notamment sur l’ouest et sur le quart sud-est du pays avec des cumuls de pluie importants en plaine. La neige continuera de tomber sur le Massif central et les Alpes, y compris en moyenne montagne, alors que la couche atteint déjà localement un mètre au-dessus de 1 500 mètres sur les Alpes.
Ce week-end des samedi 29 et dimanche 30 novembre, le temps sera perturbé et neigeux en montagne sur les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Lundi 1er décembre, un fort coup de vent circulera en Bretagne et en Manche. La localisation et la force des rafales sont encore très incertaines à cette échéance. Mardi 2 décembre, le temps deviendra perturbé autour de la Méditerranée avec la mise en place du vent marin.

Risque de tempête dans ce contexte
Ce courant perturbé océanique va s’intensifier au fil des jours, dans un contexte de vent fort en altitude, appelé « courant-jet », qui va constituer, en fin de semaine prochaine, « un véritable moteur ».
Durant cette première semaine de décembre 2025, des perturbations vont circuler avec des pluies parfois régulières sur l’ouest de l’Hexagone, mais aussi dans le sud-est, avec de la neige en montagne à moyenne altitude, et ce régime dépressionnaire devrait monter encore d’un cran à échéance du samedi 6 décembre avec un risque de fort coup de vent, voire de tempête, dans un contexte de grandes marées.
Voici une modélisation (selon le modèle Arpège) pour les prévisions de vent entre ce vendredi et mardi 2 décembre. Des prévisions qui doivent encore être consolidées.

Les ondes de Rossby impliquées
De nombreux événements extrêmes, vagues de chaleur, comme tempête, sont associés à des modèles de circulation atmosphérique particuliers, notamment la propagation d’un type d’onde atmosphérique appelée « onde de Rossby ». Et « ces ondes vont s’amplifier la première semaine de décembre », analyse le météorologue.
« Les ondes de Rossby sont un type d’onde à grande échelle dans les vents atmosphériques ou les courants océaniques « qui se produisent naturellement en raison de la rotation de la planète et sont formées par des configurations particulières des vents atmosphériques, ou « courants-jet » », détaille Yann Amice. Un air à écoulement rapide qui se déplace d’ouest en est dans la haute atmosphère, à environ 8-12 km au-dessus de la surface de la Terre.
Et, en milieu de semaine prochaine, ce « jet » dépassera les 350 km/h au sud de l’Islande et à l’ouest des îles Britanniques. Une accélération du flux en altitude qui facilitera le creusement rapide des dépressions qui circuleront sur le nord de l’Atlantique, au sud de l’Irlande, en fin de semaine prochaine. À suivre avec attention.
actu