Plusieurs chefs de gouvernement européens se sont réunis à Paris pour faire face à l' »accélération » de l’administration américaine sur le dossier ukrainien et définir une réponse commune pour renforcer la sécurité du Vieux continent. Ils ont affiché une entente pour doper l’effort de défense continental mais se sont écharpés publiquement sur un autre débat, celui de l’envoi de militaires en Ukraine pour assurer une éventuelle future trêve.
La réunion de Paris « réaffirme » que l’Ukraine mérite la « paix par la force »
La réunion d’urgence de dirigeants européens à Paris « a réaffirmé » que l’Ukraine « mérite la paix par la force, une paix respectueuse de son indépendance, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale« , a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sur X.
L’Europe assume pleinement sa part de l’assistance militaire à l’Ukraine. Dans le même temps, nous avons besoin d’un renforcement de la défense en Europe.
Ursula von der Leyen, à l’issue de la réunion d’urgence sur l’Ukraine entre plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement européens, à Paris.
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a déclaré, à l’issue de la réunion d’urgence, que l’Europe réalisait que ses relations avec les Etats-Unis étaient entrées dans « une nouvelle phase« .
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a appelé les Etats-Unis à fournir « une garantie de sécurité » en Ukraine, jugeant que c’était « le seul moyen » de dissuader la Russie d’attaquer à nouveau le pays.
La délégation russe est arrivée en Arabie saoudite
Une délégation russe, comprenant le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov et le conseiller diplomatique du Kremlin Iouri Ouchakov, est arrivée en Arabie Saoudite où elle doit rencontrer de hauts responsables américains, a annoncé la télévision d’Etat russe.
Fin de la réunion de crise des Européens, divisés sur l’éventuel envoi de troupes
« Nous ne serons pas en mesure d’aider efficacement l’Ukraine si nous ne prenons pas immédiatement des mesures concrètes concernant nos propres capacités de défense« , a déclaré aujourd’hui Donald Tusk avant la réunion de Paris. Au sortir de celle-ci, Olaf Scholz a aussi plaidé pour un « financement » accru de cet effort, en dérogeant aux règles budgétaires sacro-saintes en Allemagne.
Mais au-delà de cette entente pour doper l’effort de défense continental, les Européens se sont écharpés publiquement sur un autre débat, celui de l’envoi de militaires en Ukraine pour assurer une éventuelle future trêve, pourtant au coeur des « garanties de sécurité » qu’ils sont appelés à fournir à Kiev dans des négociations avec Moscou.
Le Premier ministre britannique s’est dit prêt hier à dépêcher « si nécessaire » des troupes en Ukraine pour « contribuer aux garanties de sécurité« . La Suède a également affirmé ne « pas exclure » un tel déploiement en cas de « paix juste et durable« .
Ce débat est « hautement inapproprié » et « prématuré« , a en revanche protesté le chancelier allemand. Donald Tusk, un fort soutien de Kiev, a aussi fait savoir que la Pologne ne déploierait pas de militaires.
L’envoyé de Trump assure que Washington « n’imposera pas » un accord à l’Ukraine
L’envoyé spécial de Donald Trump pour l’Ukraine, Keith Kellogg, a assuré à Bruxelles que les Etats-Unis n’imposeraient pas un accord à Kiev pour mettre fin à la guerre
Le chancelier allemand a jugé « hautement inapproprié » de débattre maintenant de l’envoi de forces de maintien de la paix en Ukraine, tant que la guerre fait rage dans ce pays envahi par la Russie.
La discussion à ce stade « est totalement prématurée et c’est le mauvais moment pour (la) mener« , a dit Olaf Scholz se disant « un peu irrité par ce débat« , après une réunion de crise à Paris destinée à afficher une posture commune des pays européens sur l’Ukraine.
Il a exhorté l’Europe et les États-Unis à continuer d' »agir ensemble » pour la sécurité du continent, face aux craintes suscitées par les initiatives de Donald Trump sur le conflit.
Macron parle à Trump puis tient une réunion de crise avec des pays-clés européens
Plusieurs dirigeants de pays-clés européens, dont le Britannique Keir Starmer, l’Allemand Olaf Scholz et le Polonais Donald Tusk, ont rejoint le président français Emmanuel Macron dans l’après-midi à l’Elysée pour une rencontre convoquée à la hâte. Les chefs des gouvernements espagnol, néerlandais et danois y participent aussi, tandis que l’Italienne Giorgia Meloni devait arriver en retard.
« La sécurité de l’Europe est à un tournant« , a écrit sur X la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à son arrivée dans la capitale française, où est aussi présent le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte. « Nous avons besoin d’un état d’esprit d’urgence » et d' »un sursaut dans notre défense« , a-t-elle ajouté.
Juste avant le début de ces entretiens, Emmanuel Macron s’est entretenu au téléphone avec Donald Trump.
Réunion américano-russe à Ryad : pas « une négociation » sur l’Ukraine
Les Etats-Unis n’entrevoient pas la réunion, demain à Ryad, avec une délégation russe comme une « négociation » sur l’Ukraine mais comme un suivi de la conversation téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine, selon le département d’Etat américain.
Zelensky dit que l’Ukraine « ne reconnaîtra » aucun accord russo-américain conclu sans elle
L’Ukraine n’a pas été informée officiellement des pourparlers russo-américains à Ryad mardi et « ne reconnaîtra » aucun accord conclu sans elle sur son avenir, a prévenu le président ukrainien Volodymyr Zelensky, cité par l’agence Interfax-Ukraine.
« L’Ukraine ne participera pas » à ces négociations et « ne savait rien » de leur tenue en Arabie Saoudite, a déclaré Volodymyr Zelensky. « L’Ukraine considère une négociation sur l’Ukraine sans l’Ukraine comme étant dépourvue de résultat (…) nous ne reconnaîtrons pas de tels accords« , a-t-il ajouté.
Pas de place dans les négociations pour les Européens qui veulent « continuer la guerre » en Ukraine
Le chef de la diplomatie russe a asséné que l’Europe n’avait pas de place dans les futures négociations impliquant la Russie et les Etats-Unis pour mettre fin au conflit en Ukraine, car elle veut « continuer la guerre« .
Moscou dit avoir repris à l’armée ukrainienne un village
Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir repris un village de la région russe de Koursk que les troupes ukrainiennes contrôlaient depuis leur offensive l’été dernier.
Le ministère a déclaré dans un communiqué que ses soldats avaient « libéré » Sverdlikovo, village frontalier de l’Ukraine. L’Ukraine affirme contrôler 500 kilomètres carrés dans la région de Koursk, un territoire perçu comme une monnaie d’échange en vue d’éventuelles négociations pour mettre fin au conflit.
La Hongrie fustige des dirigeants « frustrés » qui veulent « empêcher un accord de paix en Ukraine »
Le gouvernement hongrois critique des leaders européens « frustrés » et « pro-guerre » avant la rencontre d’une dizaine d’entre eux en France afin de définir une réponse commune face à l‘ »accélération » de l’administration américaine sur l’Ukraine.
« Aujourd’hui à Paris, des dirigeants européens frustrés, pro-guerre et anti-Trump se réunissent pour empêcher un accord de paix en Ukraine », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto en marge d’une conférence de presse au Kazakhstan, retransmise sur son compte Facebook.
« Contrairement à eux, nous soutenons les ambitions de Donald Trump.
Contrairement à eux, nous soutenons des négociations entre la Russie et les Etats-Unis », a-t-il ajouté.
Viktor Orban, l’un des rares dirigeants de l’UE à afficher sa proximité avec Donald Trump et Vladimir Poutine, ne cesse de plaider pour un cessez-le-feu et la mise en place de discussions de paix, tout en refusant d’envoyer de l’aide militaire à Kiev.
L’Ukraine frappe avec des drones un oléoduc dans le Sud de la Russie
L’Ukraine a frappé avec des drones un oléoduc reliant la mer Caspienne à la mer Noire via le Sud de la Russie, provoquant l’arrêt d’une importante station de pompage, a annoncé lundi la compagnie exploitante.
Cette nouvelle frappe, en réplique à celles menées par la Russie depuis trois ans en Ukraine, intervient en pleine effervescence diplomatique autour du conflit. Le président américain Donald Trump a provoqué la stupeur en Europe en appelant mercredi son homologue russe Vladimir Poutine et en proclamant vouloir oeuvrer « immédiatement » à la fin des hostilités, une initiative qui fait craindre un abandon de Kiev par Washington.
Selon un communiqué du Caspian Pipeline Consortium (CPC), tube distribuant du brut du Kazakhstan jusqu’en Europe, l’attaque a été menée « par sept drones remplis d’explosifs et de composants métalliques » afin de « perturber l’installation et faire des victimes parmi le personnel opérationnel de la station ».
Le secrétaire d’État Marco Rubio se rend en Arabie Saoudite pour des entretiens avec des responsables russes
Le secrétaire d’État Marco Rubio a quitté Israël pour se rendre en Arabie Saoudite, avant les entretiens attendus avec des responsables russes visant à mettre fin à la guerre de près de trois ans menée par Moscou en Ukraine.
Ces pourparlers interviennent après que le président Donald Trump s’est entretenu la semaine dernière par téléphone avec le président russe Vladimir Poutine et a ordonné à de hauts responsables d’entamer des négociations sur la guerre, à laquelle il avait promis à plusieurs reprises de mettre fin au cours de sa campagne présidentielle.
La Russie dit avoir abattu 90 drones et un missile ukrainiens
La Russie affirme avoir abattu dans la nuit 90 drones ukrainiens, dont près d’une quarantaine au-dessus de la mer d’Azov, ainsi qu’un missile de croisière antinavire Neptune, sans faire état de victimes.
L’attaque de la nuit dernière intervient au moment où les présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, disent vouloir négocier au plus vite un règlement du conflit, déclenché par l’offensive russe lancée en Ukraine il y a près de trois ans.
« Au cours de la nuit dernière, les systèmes de défense anti-aériens ont intercepté et détruit 90 drones ukrainiens », a indiqué le ministère russe de la Défense sur Telegram, précisant qu’un missile de croisière antinavire ukrainien Neptune avait également été « abattu au-dessus de la mer d’Azov ».
« nous allons devoir garantir que la paix en Ukraine soit durable » affirme Jean-Noël Barrot
L’Europe doit maintenant « tirer les conséquences » de tous les débats initiés depuis plusieurs années sur la souveraineté européenne, selon la présidence française.
A court terme, nous allons devoir garantir que la paix en Ukraine soit durable.
Et à court terme, les Américains vont très certainement revoir leur niveau d’engagement, y compris sur le plan géographique, dans l’Otan: cela appelle de notre part un vrai réveil, et même un bond en avant, pour prendre notre place dans la sécurité du continent européen », a résumé sur la chaîne LCI le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot.
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