Les Bourses mondiales minées par les craintes sur l’état de l’économie US

Washington – Les marchés mondiaux ont clôturé globalement en baisse lundi, suite aux inquiétudes sur l’état de l’économie américaine et à quelques prises de bénéfice, tandis que Francfort s’est maintenue en hausse après des élections en Allemagne accueillies positivement par les investisseurs.

« Il n’y a pas de grand changement dans l’attitude (du marché, ndlr) par rapport à vendredi, avec des inquiétudes concernant le ralentissement modeste de la croissance économique aux Etats-Unis pour le premier trimestre ainsi que sur l’inflation, en raison de l’incertitude politique » entretenue par l’administration Trump, selon Angelo Kourkafas, d’Edward Jones.

La dynamique se poursuit, la séance de lundi constituant une « réplique » du « petit séisme » de vendredi marqué par des « prises de bénéfices », explique à l’AFP Grégoire Kounowski, conseiller en investissement chez Norman K.

« Lorsque le marché monte autant qu’il a monté dernièrement, il est d’autant plus vulnérable à des +sell-off+ », des mouvements de ventes, poursuit-il.

A Wall Street, le Dow Jones a grappillé 0,08%. En revanche, l’indice Nasdaq a reculé de 1,21% et l’indice élargi S&P 500 a perdu 0,50%.

La place américaine a aussi été lestée par le recul de certaines grandes capitalisations du secteur de la tech comme Nvidia (-3,09%) et Palantir (-10,53%) et les dernières déclarations du président américain concernant les droits de douane.

Lors d’une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche avec Emmanuel Macron, Donald Trump a affirmé que son projet d’imposer des nouveaux droits de douane au Canada et au Mexique « progress(ait) dans les temps » alors que le répit accordé par le dirigeant américain s’achève en principe la semaine prochaine, le 4 mars.

En Europe, Milan (+0,13%) et Londres (0,00%) ont terminé à des niveaux proches de l’équilibre. Paris a perdu 0,78%. Seul Francfort a terminé en hausse, de 0,62%. A Zurich, le SMI a fini quasi à l’équilibre (+0,04%).

Les investisseurs se sont montrés soulagés par l’issue des législatives relativement proche des sondages, dans un marché qui nourrit l’espoir d’un « nouveau gouvernement allemand avec une ligne favorable aux entreprises (qui) pourrait offrir un nouvel élan nécessaire pour l’économie allemande en difficulté », commente Christoph Berger, d’Allianz Global Investors.

Vainqueur des élections allemandes avec un score plus faible qu’espéré, Friedrich Merz, chef de la droite, se lance dans des négociations ardues pour former un gouvernement attendu avec impatience par les Européens pour peser face à Donald Trump et la Russie.

Le résultat des conservateurs (28,6%) ne leur permet pas de gouverner seuls et est un peu moins élevé que les 30% annoncés depuis des mois par les sondages.

Dans ce contexte, le rendement de l’emprunt à dix ans allemand restait stable à 2,47%, comme vendredi en clôture. Son équivalent américain se détendait, à 4,40 contre 4,43 en clôture vendredi.

La monnaie unique prenait 0,09% par rapport au billet vert, à 1,0468 dollar pour un euro vers 22H10 GMT.

L’IA fait trébucher Alibaba mais profite à Apple ___

L’action du géant chinois Alibaba a chuté de plus de 10% lundi à New York, et a reculé de plus de 2% à Hong Kong, après que le groupe a annoncé vouloir investir 50 milliards d’euros « au cours des trois prochaines années » dans l’intelligence artificielle (IA) et le « cloud » (informatique dématérialisée).

De son côté, l’action du géant américain Apple a gagné 0,63% à New York après l’annonce d’un investissement de plus de 500 milliards de dollars aux États-Unis durant les quatre prochaines années et la promesse de 20.000 embauches.

Le pétrole monte un peu, l’or atteint un nouveau record ___

Les cours de l’or noir ont évolué en hausse lundi, rattrapant une partie des pertes de vendredi, mais restant toutefois proches de leur niveau le plus bas depuis le début de l’année, en l’absence de grand catalyseur.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a pris 0,47% à 74,78 dollars et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate a gagné 0,43% à 70,70 dollars, après avoir ouvert à 69,80 dollars, son niveau le plus bas depuis décembre.

Le prix de l’once d’or s’approche encore de la barre symbolique des 3.000 dollars, après avoir touché lundi un nouveau sommet historique lundi à plus de 2.956 dollars.

afp

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