Manche : nouveau décès lors d’une tentative de traversée, 7 morts depuis le début de l’année

Le corps d’un homme a été repêché mercredi dans la Manche non loin de Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, après le naufrage de son embarcation. Les secours ont pu ramener des rescapés sur la terre ferme dont un mineur de 16 ans en hypothermie sévère.

Le corps d’un homme a été repêché mercredi 19 mars dans la Manche non loin de Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, après avoir fait naufrage pendant une tentative de traversée irrégulière vers le Royaume-Uni. Cet homme, âgé de 25 ans, de nationalité inconnue est la septième personne à perdre la vie depuis le début de l’année dans ce type de traversées de la Manche.

Parmi les naufragés de ce canot, plusieurs blessés ont été transportés vers des hôpitaux, dont une personne de 16 ans en hypothermie sévère, selon une source proche des secours.

Un poste de commandement a été déployé en début de matinée à Equihen-plage (nord), où une dizaine de rescapés tentaient de se réchauffer, a constaté sur place un correspondant de l’AFP. Deux hélicoptères étaient visibles en survol au large d’Equihen, ainsi qu’un bateau semi-rigide de la SNSM (Société nationale des secours en mer).

Contactée, la préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord (Premar) a confirmé une opération en cours au large de Boulogne-sur-Mer avec plusieurs personnes « récupérées, à l’eau », sans plus de précisions dans l’immédiat.

Début mars, un migrant koweïtien d’une soixantaine d’années était décédé après une tentative de traversée de la Manche.

Il avait été débarqué en arrêt cardio-respiratoire sur la plage de Marck, tout près de Calais.

Une coopération franco-britannique toujours aussi solide
Ces décès interviennent à l’heure où le Royaume-Uni et la France maintiennent plus que jamais leur collaboration en matière de lutte contre l’immigration clandestine. Le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau et son homologue britannique Yvette Cooper ont annoncé, le 27 février, la prolongation jusqu’en 2027 du traité de Sandhurst, par lequel Londres cofinance des moyens français destinés à empêcher les traversées irrégulières meurtrières de la Manche.

Des migrants essayent de monter dans un canot pour traverser la Manche, le 4 septembre 2024. Crédit : Reuters

En 2024, 36 816 personnes ont débarqué sur les rives britanniques depuis les côtes françaises. C’est 25 % de plus qu’en 2023. Ce chiffre est toutefois en deçà du record atteint en 2022, avec 45 774 arrivées.

L’intensification de la surveillance policière sur le littoral est régulièrement dénoncée par les associations d’aide aux migrants. Elle incite, selon eux, les exilés à prendre toujours plus de risques pour traverser la Manche, au péril de leurs vies.

La justice française se veut aussi ferme contre les réseaux de passeurs qui organisent ces traversées.

Début mars, quatre trafiquants, dont deux Calaisiens, ont été condamnés à des peines allant de dix-huit mois à sept ans de prison par le tribunal de Boulogne-sur-Mer. Les membres de ce réseau recrutaient les exilés via les réseaux sociaux ou près des gares et des campements informels de la région. Ils acheminaient ensuite les migrants vers les plages de départ, avec du matériel venu d’Allemagne, et organisaient la logistique puis la traversée.

Selon l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim), 78 exilés sont morts en 2024 en tentant de rejoindre l’Angleterre à bord d’embarcations de fortune dites « small boats », un record depuis le début en 2018 de ce phénomène dans cette zone.

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