Une potentielle victoire pour la Maison Blanche? Le candidat de la droite hondurienne, qui a reçu le soutien de Donald Trump, Nasry Asfura fait la course en tête ce dimanche 30 novembre lors du dépouillement de la présidentielle, selon les premiers résultats préliminaires.
D’après le Conseil national électoral (CNE), l’ex-maire de Tegucigalpa, capital du pays, a récolté 40% des voix sur un peu plus de la moitié des bulletins dépouillés. Il ne devance que d’un cheveu l’autre candidat de droite, le présentateur télé Salvador Nasralla, qui remporte 39,8% des suffrages à ce stade. La représentante de la gauche au pouvoir, Rixi Moncada, arrive loin derrière à plus de 20 points.
Cette dernière accuse Donald Trump d’ingérence dans l’élection. Depuis quelque temps, le 45e et 47e président des États-Unis s’est immiscé dans les débats dans le pays d’Amérique centrale.
Une ingérence américaine?
Quelque 6,5 millions de Honduriens étaient appelés à élire, sur un seul tour, le successeur de la présidente Xiomara Castro, ainsi que 128 députés et des centaines de maires pour les quatre prochaines années.
Depuis le début de la campagne, Donald Trump a adopté une position interventionniste en Amérique latine, n’hésitant pas à conditionner l’aide américaine à la bonne volonté des gouvernements et à ses affinités avec leurs dirigeants. Il promet notamment d’aider le pays à lutter contre le trafic de drogue.
« S’il (Nasry Asfura) ne remporte pas les élections, les États-Unis ne gaspilleront pas leur argent », a assuré Donald Trump.
Le président américain a qualifié Nasry Asfura de « seul vrai ami de la liberté », assurant qu’il « ne pourrait pas travailler » avec Rixi Moncada, « et les communistes » et qu’il ne faisait « pas confiance » à Salvador Nasralla.
« Tito (Nasry Asfura) et moi pouvons travailler ensemble pour lutter contre les ‘narco-communistes’ et apporter au peuple du Honduras l’aide dont il a besoin », a lâché Trump sur les réseaux sociaux.
Entrepreneur de BTP, Nasry Asfura concourt sous la bannière du parti de l’ancien président Juan Orlando Hernández (2014-2022), qui purge aux États-Unis une peine de 45 ans de prison pour trafic de drogue. Il devrait être prochainement libéré, puisque Donald Trump a annoncé vendredi qu’il allait lui accorder une « grâce totale et absolue ».
« Il n’y a aucun doute qu’il y a deux actions concrètes, à trois jours des élections, qui sont totalement interventionnistes », a déclaré la candidate de la gauche, Rixi Moncada, dénonçant cette potentielle ingérence étrangère.
« Ça fait des mois que ce sujet est évoqué et il n’a rien à voir avec les élections », s’est défendu Nasry Asfura, qui se présente pour la deuxième à l’élection présidentielle après 2021.
De fortes tensions politiques
Le scrutin s’est tenu dans un contexte de fortes tensions politiques, droite et gauche s’accusant de préparer une fraude, dans un pays dépourvu d’arbitre électoral indépendant, et même si l’Organisation des États américains (OEA) et l’Union européenne ont dépêché des observateurs.
Francisco Assis, chef de la mission de l’OEA, a jugé que la journée s’était déroulée dans une « atmosphère démocratique » et avec une grande affluence d’électeurs.
Près des deux tiers des 11 millions de Honduriens vivent dans la pauvreté, et 27% du PIB du pays est abondé par les envois de fonds des Honduriens vivant aux Etats-Unis, soit dix milliards de dollars. Cette année, l’administration Trump a expulsé environ 27.000 Honduriens et révoqué le statut de protection temporaire de 51.000 ressortissants.
Le parti Liberté et Refondation (Libre) de la gauche au pouvoir a déjà annoncé qu’il attendrait le décompte total des votes, ce qui pourrait prendre des jours. Au vu de l’écart minime entre les deux premiers candidats, il faudra encore patienter quelques jours avant de connaître le résultat définitif de l’élection.
Le Honduras est l’un des pays les plus violents de la région. La corruption et les liens avec le narcotrafic sont un défi de taille et les trois partis favoris du scrutin ont été éclaboussés par des soupçons en la matière. Nasry Asfura a promis d’attirer des investissements pour relancer l’économie du pays.
AFP