Un migrant est mort jeudi dans le naufrage d’un bateau qui naviguait sur la rivière Save, qui marque une frontière naturelle entre la Bosnie et la Croatie. Onze autres personnes ont été secourues.
La police croate a indiqué que le naufrage d’un bateau sur la rivière Save, frontière naturelle entre la Bosnie-Herzégovine et la Croatie – pays membre de l’Union européenne (UE) – avait fait un mort jeudi 11 décembre. Onze autres personnes ont pu être secourues, ont ajouté les forces de l’ordre. Toutes en état d’hypothermie, elles ont été hospitalisées à Slavonski Brod.
Peu après 5 heures du matin, la police a reçu une alerte sur le chavirement d’une embarcation au niveau de la ville de Slavonski Brod, dans l’est de la Croatie, et selon laquelle plusieurs personnes se trouvaient dans l’eau en appelant au secours, a expliqué la police dans un communiqué.
« Des patrouilles de police ont été dépêchées sur place et ont sorti 13 ressortissants étrangers de la rivière froide, dont l’un ne présentait aucun signe de vie », selon la même source.
Un ressortissant bosnien se trouvait parmi les migrants, dont les nationalités n’ont pas été précisées. Soupçonné de trafic de migrants, il a également été hospitalisé sous surveillance policière.
Le cas de ce naufrage n’est pas unique. Des drames surviennent également sur la rivière Drina, frontière naturelle entre la Bosnie-Herzégovine et la Serbie. En août 2024, douze personnes sont mortes dans le naufrage d’une embarcation qui cherchait à franchir ce cours d’eau.
En Croatie, une politique migratoire très dure
De nombreux migrants – principalement originaires d’Afghanistan, du Pakistan, de Syrie ou d’Irak – empruntent la route dit des Balkans pour tenter de rejoindre l’Union européenne (UE) et se retrouvent bloqués en Bosnie-Herzégovine à la frontière croate.
Mais Zagreb a adopté une politique migratoire extrêmement dure et expulse systématiquement les exilés entrés de manière irrégulière vers la Bosnie, en vertu d’un accord bilatéral conclu avec Sarajevo. Et le passage de la frontière est devenu encore plus difficile depuis l’entrée de la Croatie dans la zone Schengen, le 1er janvier 2023.
En mars 2023, la presse bosnienne avait été témoin de renvois de migrants réalisés en bus depuis la Croatie vers la Bosnie. Zagreb affirmait agir en vertu de l’accord bilatéral conclu avec son voisin mais certains droits des personnes n’avaient pas été respectés. Des exilés avaient témoigné avoir été emprisonnés puis contraints de signer un document qu’ils ne comprenaient pas avant d’être placés dans un bus et renvoyés en Bosnie.
Le nombre de migrants transitant par la Bosnie-Herzégovine a très fortement chuté ces dernières années. Plus de 34 400 personnes étaient entrées dans le pays en 2023, contre un peu plus de 25 000 en 2024. Et depuis le début de l’année 2025, seules 3 000 personnes étrangères sont entrées de manière irrégulière sur le territoire bosnien.
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