Les gisements de pétrole et de gaz sont en déclin, et particulièrement en Europe et en Amérique du Nord. Face à constat, l’AIE, l’Agence internationale de l’énergie estime qu’il faut investir… encore plus sur ces énergies fossiles !
En raison de l’immense défi associé au réchauffement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre, la majorité des prévisions sur les énergies fossiles concernent la demande. Mais dans un monde où ces énergies sont encore loin d’être remplacées par les énergies renouvelables, la question de la ressource est également importante. Nos sociétés fonctionnent en grande partie grâce à quelques grands gisements, concentrés au Moyen-Orient, en Eurasie et en Amérique du Nord.
Le taux de déclin moyen annuel à l’échelle mondiale est de 5,6 % pour le pétrole conventionnel et de 6,8 % pour le gaz naturel conventionnel. Le Moyen-Orient, qui abrite les plus grands gisements terrestres au monde, a le taux de déclin le plus bas, à 1,8 %, tandis que l’Europe, qui possède une part très élevée de gisements offshore, a le taux de déclin le plus élevé, à 9,7 %. Pour pouvoir tirer cette conclusion, l’Agence internationale de l’énergie a analysé 15 000 gisements de pétrole et de gaz à travers le monde.
Malgré le besoin urgent de continuer à miser sur d’autres sources d’énergie, plus propres, l’AIE estime qu’il faut continuer à investir sur les gisements de pétrole et de gaz : sans un investissement important, le déclin naturel des gisements va obliger l’approvisionnement à se faire sur « un petit nombre de pays du Moyen-Orient, mais aussi sur la Russie, avec des conséquences sur la sécurité énergétique ».
Le déclin des ressources est beaucoup plus rapide aux États-Unis qu’en Russie et au Moyen-Orient, ce qui va contraindre l’Amérique du Nord, mais aussi l’Europe, à totalement dépendre de nations avec qui elle est en conflit.
Développer de nouveaux projets pétroliers ? Une nécessité selon l’AIE
« Si l’on veut maintenir les niveaux de production actuels, plus de 45 millions de barils par jour de pétrole et environ 2 000 milliards de mètres cubes de gaz naturel seraient nécessaires en 2050, provenant de nouveaux gisements conventionnels » selon l’agence. L’AIE estime que l’investissement dans les gisements de pétrole et de gaz nécessite 570 milliards de dollars en 2025.
Alors que les scientifiques plaident pour une sortie totale des énergies fossiles, l’AIE estime qu’il faut investir… dans le développement de nouveaux projets pétroliers.
Face au développement explosif de la civilisation humaine, le rapport de l’AIE rappelle que le secteur de l’énergie n’est pas prêt pour la transition : d’un côté, le développement des énergies renouvelables progresse, mais pas assez vite. D’un autre côté, les énergies fossiles s’épuisent et les plus grands gisements se retrouvent de plus en plus dans des pays avec lesquels il est difficile de négocier.
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